Idées et Opinions

  • Les politiques pinaillent, l’économie s’effondre Les politiques pinaillent, l’économie s’effondre

    Ce mercredi était le troisième jour de la semaine avec des activités presque normales sur la région métropolitaine. Presque normales car il y a encore des manifestations et des barrages ici et là. Et personne ne peut dire qu’il circule librement et sans peur sur toute l’étendue du territoire.

    Preuve que cela va mieux après plus de sept semaines de Peyi lòk, le gouvernement haïtien a décidé d’augmenter le salaire minimum ce mercredi. Comme souvent avec cette administration, la nouvelle tombe comme un gros cheveu dans la petite soupe que chaque famille peut s’offrir ces derniers jours.

    « On veut du travail. Ne pas perdre notre job. Et ne plus avoir peur chaque matin en pensant à comment va se passer la journée », a réagi un père de famille en apprenant la nouvelle. Il va gagner 40 gourdes de plus par jour grâce à l’ajustement.

    Toute augmentation de salaire est toujours une bonne chose, mais comme l’a souligné la journaliste Amélie Baron dans un message posté sur Twitter sur le salaire minimum et la dépréciation de la monnaie nationale en Haïti : en octobre 2018: le salaire minimum pour 8h de travail en usine textile était fixé à 420 gourdes (soit à l’époque $ 6,06 US). En novembre 2019 : le gouvernement fixe ce salaire à 500 gourdes ($ 5,13 US).

    En une année, les politiques du gouvernement ont fait perdre 93 centimes en dollars américains aux travailleurs haïtiens. Près de 90 gourdes.

    L’augmentation de salaire n’est plus une augmentation, même pas un ajustement, c’est le verdict de la mauvaise gouvernance.

    En parlant d’emploi et de salaire, après dix ans de services dans le ciel d’Haïti, la compagnie aérienne Delta arrêtera de desservir la destination Port-au-Prince en janvier prochain, a appris Le Nouvelliste.

    Des emplois directs et indirects de bonne qualité partent en fumée.

    Plus que cela, après le retrait de l’hôtelier Best Western, le retrait du transporteur aérien Delta est le symptôme du mal-être des multinationales venues en Haïti après la conférence sur l’investissement organisée par René Préval et Bill Clinton avant 2010 ou dans l’euphorie de la reconstruction après le séisme du 12 janvier 2010.

    Si on est informé des difficultés des grandes entreprises en Haïti, tous les jours entreprises, entrepreneurs et acteurs du secteur informel abandonnent le monde des affaires en Haïti. Depuis 2015, l’économie locale pique du nez. La crise des derniers mois est mortelle pour les investissements et l’emploi.

    Le pays va compter pendant des mois encore les dégâts occasionnés par la crise politique et les victimes de la mauvaise gouvernance de ces dernières années.

    Comme si cela ne suffisait pas, les politiques refusent toujours de se parler et l’opposition rate son rendez-vous de ce jeudi où était annoncé un conclave pour sortir avec une position unitaire.

    L’économie et les gens s’effondrent. Les politiques pinaillent.

    Edito du Nouvelliste

    Frantz Duval

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  • Faut-il arrêter ou continuer la subvention des prix … Faut-il arrêter ou continuer la subvention des prix ...

    À chaque épisode de rareté de carburant, le débat refait surface : faut-il arrêter ou continuer la subvention des prix à la pompe? Les économistes ne s’entendent pas tous sur la question. Dans un article en date du 3 septembre 2019 (1), notre consœur Martine Isaac a présenté les points de vue divergents de quelques économistes autour de la problématique.

    Évidemment, c’est une question qui dépasse le cadre d’une simple décision économique. Elle est devenue éminemment politique. Il devient donc très difficile d’y répondre par oui ou non. Il devient de plus en plus pénible pour les dirigeants de maintenir la subvention.

    Juste pour vous donner une idée de l’ampleur du problème : sur chaque galon de gasoil vendu à la pompe à partir de la cargaison datant du 5 août 2019, l’État haïtien doit rembourser 82,75 gourdes aux importateurs pour pouvoir garder le prix à la pompe à 179 gourdes tel qu’il est. N’était la subvention, le consommateur aurait dû payer le galon à 261,75 gourdes. Sur chaque galon de gazoline vendu, la subvention s’élève à 70,15 gourdes afin de pouvoir maintenir le prix à la pompe à 224 gourdes contre un prix réel de 294,51 gourdes.

    Au total, selon les informations disponibles, c’est un montant mensuel de 20 millions de dollars à rembourser par l’État aux compagnies pétrolières, soit une moyenne de 240 millions de dollars durant l’année. Ainsi, l’essence, qui permettait au Trésor public de rentrer de l’argent par le passé, est devenue aujourd’hui une source de déficit budgétaire dans un contexte où les recettes fiscales étaient déjà en baisse. Il se pose alors un sérieux problème au niveau des finances publiques qui réduit la capacité d’intervention de l’État. Celui-ci n’arrive même pas à payer les salaires de tous ses fonctionnaires. Ces considérations d’ordre économique pourraient amplement justifier une augmentation des prix à la pompe.

    Cependant, l’expérience des émeutes des 6 et 7 juillet 2018 laisse encore un goût amer à la gorge des responsables de l’État et du secteur privé qui en a été largement victime. Le président de la République avait dû revenir sur la décision d’augmenter les prix de l’essence. Le climat socioéconomique et politique ne s’est nullement amélioré depuis. Au contraire. Des émeutes seraient aujourd’hui encore plus catastrophiques qu’elles ne l’étaient en juillet 2018 puisque les conditions de vie se sont énormément dégradées depuis.

    Le coût politique, voire économique, semble être plus faible si les autorités gardent les prix à la pompe inchangés. Particulièrement à la veille de la rentrée des classes. Après la rentrée, ce sera les fêtes de fin d’année. Ce ne sera pas un meilleur timing non plus.

    Il faudrait des dirigeants très crédibles à la tête de l’État pour essayer de convaincre la population de la nécessité d’accepter une hausse des prix à la pompe en ces temps de grande précarité. Tout semble indiquer que la conjoncture actuelle ne s’y prête guère. Des émeutes aujourd’hui pourraient probablement coûter la tête de l’actuel président de la République. Donc, augmenter ou non le prix du carburant représente un délicat arbitrage à faire par les responsables. Il s’agit d’un exercice très périlleux. 

    Les conséquences de la dépréciation de la gourde

    Comme nous l’avons expliqué dans notre chronique en date du 23 juillet 2018, trois principaux facteurs expliquent la fluctuation des prix du pétrole à la pompe en Haïti. Ce sont la dépréciation de la gourde, les différents frais et taxes sur l’importation du pétrole et la variation des prix de l’essence sur le marché international. Nous avions fait des exercices de simulation à partir de la structure des prix du 10 octobre 2014 pour mesurer l’impact de chacun de ces trois facteurs sur l’augmentation des prix de l’essence.

    Nos résultats indiquent que la nécessité d’augmenter les prix à la pompe est due essentiellement à la dépréciation de la gourde. D’ailleurs, les prix de l’essence étaient en baisse sur le marché international pendant la période allant d’octobre 2014 à juin 2018, tandis que les dirigeants haïtiens se retrouvaient dans la nécessité d’augmenter les prix en Haïti. L’État ne peut pas vraiment toucher de manière significative la marge bénéficiaire des opérateurs qui demeure relativement stable. Pour les taxes, les autorités ont renoncé à la perception des droits de douane pour pouvoir garder le prix à la pompe inchangé.

    En ce qui a trait à la fluctuation des prix sur le marché international, nous y reviendrons dans une prochaine chronique. Notons tout simplement que ce marché subit énormément les assauts de la spéculation, puisque le prix du baril de pétrole et de l’essence raffinée se négocient à la bourse où la spéculation demeure cruciale dans l’établissement du prix.

    Concernant la dépréciation de la gourde, entre octobre 2014 et août 2019, le taux de change de fin de période est passé de 45,76 à 93,39 gourdes, soit une dépréciation de 104,1 %. Pour calculer les prix en vigueur au 10 octobre 2014, le gouvernement utilisait un taux de change de 45,75 gourdes pour un dollar américain. Aujourd’hui, le taux de change minimal passe à 94 gourdes, deux fois plus élevé. Avec une telle dépréciation, même si les prix de l’essence diminuaient de façon significative sur le marché international, ils seraient à la hausse sur le marché local.

    Si, en outre, les prix augmentent sur le marché mondial, ils deviendront insoutenables en Haïti. Une alternative intéressante serait une segmentation du marché local où les consommateurs plus riches paieraient le prix réel et les moins nantis bénéficieraient de la subvention. Aujourd’hui, l’État haïtien subventionne les riches et les pauvres au même niveau. L’inconvénient majeur de cette option de prix discriminant demeure dans la décantation effective entre qui doit obtenir la subvention en évitant les passagers clandestins.

    Il y a plus d’une décennie, l’homme d’affaires Daniel Gérard Rouzier avait proposé d’utiliser le même barème de taxation tant pour le gasoil que pour la gazoline. L’État haïtien rembourse aujourd’hui 82,75 gourdes aux compagnies pétrolières pour chaque galon de gazoline contre 70,15 gourdes pour chaque galon de diésel. Le diésel est généralement plus cher sur le marché international que la gazoline. C’est cette différence de taxation qui le rend moins cher que la gazoline en Haïti.

    Or, ce sont globalement les plus nantis qui utilisent les voitures ou génératrices diésel.  Ils profitent donc beaucoup plus de la subvention de l’essence que les plus pauvres en payant 179 gourdes le gasoil alors que la gazoline se vend à 224 gourdes. L’État haïtien pourrait commencer par uniformiser le barème de taxation en attendant de penser à faire payer le juste prix aux consommateurs les plus riches. Il gagnerait déjà 12 gourdes sur chaque galon de diésel vendu. Cette option nous paraît assez réaliste et faisable.

    Thomas Lalime

    thomaslalime@yahoo.fr

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  • Des technologies numériques qui transforment … Des technologies numériques qui transforment ...

    Dans une chronique en date du 8 avril 2019 (1), nous avons fait état des opportunités qu’Haïti pourrait tirer de l’économie numérique. L’usage répandu des Nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) a eu un impact important sur tous les secteurs économiques à travers le monde. Les technologies numériques deviennent le facteur de productivité par excellence, donc un enjeu de croissance et de développement économiques.

    Participant au symposium organisé le 21 décembre 2018 par le Conseil national des télécommunications (Conatel), nous avons exploré les opportunités, enjeux et défis de l’économie numérique pour Haïti, en particulier des télécoms et des NTIC. Hal Varian (2016), auteur de manuels de théorie microéconomique et économiste en chef à Google, expose cinq grands moyens par lesquels les technologies numériques transformeront les activités économiques. La banque du Canada les a reprises dans une de ses publications (2). En voici un extrait :

    1. Collecte et analyse de données : Les entreprises seront en mesure de recueillir de grande quantité d’informations sur les préférences des clients et de s’en servir pour prévoir leur comportement et améliorer la prestation de services.

    2. Personnalisation : Les entreprises pourront fournir des produits et services conçus sur mesure. Les clients comptent vivre une expérience simplifiée et s’attendent à ce que les commerçants possèdent les renseignements pertinents sur leur historique d’achats, leurs préférences de facturation, leur adresse de livraison, entre autres.

    3. Expérimentation et amélioration continue : Les entreprises seront à même d’exploiter de grands ensembles de données et de puissants algorithmes de prévision pour automatiser leurs systèmes et éclairer leurs décisions concernant la production et l’affectation des ressources.

    4. Innovation en passation de contrats : Les entreprises et les clients pourront suivre, surveiller et vérifier les activités exécutées par les autres parties aux contrats, ce qui facilitera de nouveaux types de transactions économiques telles que le service de transport accessible par application mobile, la monnaie électronique et le grand livre partagé.

    5. Coordination et communication : Les outils de communication, à travers les logiciels de partage de fichiers, les vidéoconférences et les appareils mobiles sans fil, permettront aux gens et aux ressources d’interagir avec une flexibilité accrue, peu importe où ils se trouvent. Les entreprises parviendront plus facilement à offrir leurs produits et services sur les marchés.

    L’ensemble de ces transformations pousse certains auteurs à parler d’une révolution de la gestion engendrée par l’avènement du numérique. L’explosion récente des données numériques a une importance cruciale. Les gestionnaires, privés ou publics, peuvent mesurer, évaluer, savoir davantage sur leurs activités et traduire ces connaissances en une prise de décision et une performance améliorées.

    Apprendre à exploiter de nouveaux flux d’informations peut radicalement améliorer la performance des entreprises et des institutions publiques. Mais cela doi td’abord passer par un changement de culture de prise de décision. Par exemple, à partir des achats en ligne, un entrepreneur peut suivre ce que les clients ont acheté et ce qu’ils ont regardé, autrement dit leurs préférences. Il peut analyser la façon dont les clients ont navigué à travers le magasin ou le site Internet, à quel point ils ont été influencés par les promotions, les critiques et les similitudes entre les influenceurs.

    Avec l’analyse des données sur leurs clients, les librairies développent des modèles pour prédire quels livres les clients voudraient lire. Il ne fait donc aucun doute que l’utilisation de ces données massives (Big Data) a le potentiel de transformer la gestion des entreprises.

    Qu’en est-il de la gestion de l’État ?

    On ne peut pas gérer ce que l’on ne mesure pas, aiment répéter les statisticiens et économètres. Les technologies numériques permettent de mieux mesurer, donc de gérer plus efficacement. On peut faire de meilleures prévisions et prendre des décisions plus intelligentes. Au niveau de l’État, on peut cibler des interventions plus efficaces et on peut le faire dans des domaines jusqu’ici dominés par l’intuition plutôt que par les données, les modèles et la rigueur.

    À mesure que les outils et la philosophie du « Big Data » se répandront, ils modifieront les idées de longue date sur la valeur de l’expérience, la nature de l’expertise et la pratique de la gestion. Les données montrent que les décisions basées sur les données sont bien meilleures. L’utilisation de « Big Data » permet aux gestionnaires de décider sur la base d’évidences statistiques plutôt que sur de simples intuitions.

    Par exemple, la firme américaine Target a prédi la grossesse d’une adolescente aux États-Unis bien avant que ses parents ne s’en aperçoivent. Elle a commencé par envoyer des promotions d’articles pour bébés à la jeune fille. Son père, outré, ne savait même pas encore qu’elle était enceinte. Juste pour vous donner une idée de la justesse de prévision, faite à partir de simples données de consommation d’un client.

    Plus les entreprises fondent leurs décisions sur la base de données, mieux elles prennent des mesures objectives et aboutissent à des résultats financiers et opérationnels. Les entreprises se trouvant dans le tiers supérieur de leur industrie, utilisant la prise de décision axée sur les données, étaient, en moyenne, 5 % plus productives et 6% plus rentables que leurs concurrents, selon une étude réalisée par Andrew McAfee et Erik Brynjolfsson publiée dans la revue Harvard Business Review en 2012. Cette différence de résultats demeure robuste à la prise en compte des contributions du travail, du capital, des services achetés et des investissements informatiques dans la rentabilité des entreprises.

    L’amélioration de la capacité de prévision occasionnée par l’avènement du numérique conduit également à une augmentation de l’efficacité des politiques publiques. Shane Reese de la « Bringham Young University » a étudié les possibilités de prévoir des émeutes à l’aide de données publiques sur les réseaux sociaux telles que les tweets, les posts sur Facebook, Instagram entre autres. Il utilise tous les messages Twitter en l’Amérique latine pendant 4 ans pour tenter de prédire s’il y aura une émeute ou non.  Parmi les prédicteurs ou variables indépendantes, on retrouve le volume des tweets, de posts sur Facebook et la présence de certains mots-clés.

    De telles approches auraient pu être utilisées pour dénicher des investisseurs étrangers. Ces derniers ne viendront pas en Haïti du jour au lendemain sans une attraction locale cohérente et efficace. Il faudra les convaincre des opportunités qu’offre Haïti et comment ils pourront en bénéficier. Avec les techniques de l’intelligence d’affaires et du « Big Data », on pourrait créer une base de données avec les profils d’entrepreneurs qui investissent dans la Caraïbe, particulièrement en République dominicaine, pour leur présenter des opportunités d’affaires qui compléteraient leur plan d’affaires dans la Caraïbe. Même les pays industrialisés continuent de développer des stratégies d’attraction et de rétention  des investisseurs étrangers. C’est une obligation pour Haïti.  

    Thomas Lalime source Le Nouvelliste

    https://lenouvelliste.com/article/200230/leconomie-numerique-des-opportu…

    https://www.banqueducanada.ca/wp-content/uploads/2017/05/revue-bdc-print…

    Andrew McAfee et Erik Brynjolfsson, octobre, 2012, Harvard Business Review

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  • Débat autour de la compétitivité et la gouvernance des villes Débat autour de la compétitivité et la gouvernance des villes

    Sous les auspices de l’Institut des politiques publiques (IPB) et d’autres partenaires, dont la firme Consultation et Résultats, un débat autour des villes et la gouvernance locale a été organisé, ce vendredi, à l’Université Quisqueya. L’économiste Kesner Pharel, le géographe Hervé St-Preux et l’architecte-urbaniste Olsen Jean Julien ont été les principaux intervenants à cette martinée-débat.

    « Ville et gouvernance locale dans le cadre d’une politique publique de développement de la ville », c’est autour de ce thème que se déroule cette matinée-débat où chaque  intervenant a fait valoir et ses points de vues sur  les villes. C’est le cas de l’économiste Kesner Pharel qui a présenté les différents indicateurs à prendre en compte dans le cadre de la compétitivité des villes : « Quand on parle de la compétitivité des villes, il y a 12 piliers à considérer : les institutions, les infrastructures, les technologies de l’information, la stabilité macroéconomique, entre autres. Cette année, on a ajouté le capital humain (santé et compétence), le marché des biens et des services,  le marché du travail, le système financier, la taille du marché », indiqué le patron du Group Croissance, soulignant que la taille du marché haïtien est plus petite que celles de la République dominicaine et de la Jamaïque bien que le pays a beaucoup plus d’habitants que ses voisins régionaux.

    L’économiste a aussi abordé la question de l’efficience de la gouvernance locale. Il a fait le point sur les différents points : « Capacité du service de santé,  capacité des écoles,  sécurité, efficience dans l’enregistrement, unité de promotion des investissements, conformité aux directives nationales, présence d’un plan d’aménagement du territoire, présence d’un plan de gestion de réduction des risques de désastres, ratio des taxes et impôts collectés par rapport aux revenus totaux de la commune, un score de transparence dans le système de gestion de performance au niveau du gouvernement local, un score de gouvernance économique dans le système de gestion de performance au niveau du gouvernement local. »

    A côté de ses indicateurs, le P.D.G. du Group Croissance a également fait mention d’un ensemble de sous-indicateurs pour faciliter le dynamisme économique : la taille de l’économie locale, le nombre de firmes, la croissance de l’économie, le coût du loyer, les universités, les banques… Ce sont des informations essentielles que les mairies doivent être en mesure de communiquer  surtout quand  elles veulent attirer des investisseurs dans leurs communes respectives. Sur le plan des infrastructures, elles doivent connaitre combien de kilomètres de routes, de chambres d’hôtel, d’heures d’électricité, de connexion aux technologies de l’information et de la communication dont disposent leurs communes. Les infrastructures de transport, les infrastructures sanitaires, le nombre de points financiers disponibles dans leurs communes sont des atouts importants pour inviter des investisseurs.

    En outre, l’économiste Kesner Pharel a souligné une nouvelle structure dont toutes les mairies devraient disposer. « Il faut une unité financière efficace au niveau des mairies pour chercher les ressources domestiques et sa part du gâteau dans le budget national. Les mairies peuvent aussi émettre des bons municipaux. Pour cela, elles doivent être bien gérés et auditée régulièrement par des firmes d’audit », a-t-il soutenu.

    Pour sa part, le géographe Hervé St-Preux a partagé avec l’assistance les différentes théories sur les villes. « La ville est dynamique. Elle est une production. La ville est un produit, c’est un vécu.  La ville fait face à des problèmes. D’où la nécessité de la gouvernance urbaine », a fait comprendre le géographe. Quant à la gouvernance, il a fait savoir que c’est un ensemble de traditions, un ensemble d’institutions par lesquelles  on exerce le pouvoir. La gouvernance a pour objectif le bien de tous, souligne-t-il, faisant référence à la définition de la Banque mondiale.

    Au cours de son exposé, M. Hervé St-Preux a défini la gouvernance urbaine. « La gouvernance urbaine n’est pas différente, mais elle se fait à une échelle beaucoup plus petite sur un espace plus réduit où les acteurs peuvent être plus nombreux et sont plus proches les uns des autres. C’est une question d’échelle. La gouvernance urbaine est la gouvernance d’une ville. Les citoyens sont de plus en plus présents dans la gouvernance urbaine que dans la gouvernance de façon générale », a- t-il expliqué.

     M. Hervé St-Preux  a fait le point sur les services de base que toutes les municipalités doivent être en mesure d’offrir : la gestion des déchets et de recyclage et la gestion des risques et désastres (secouristes, pompiers, ambulanciers, stock de médicaments d’urgence). Il s’interroge sur la motivation des députés qui ont transformé le Service métropolitain de collecte de résidus solides (SMCRS), une structure régionale qui n’était pas efficace quand il était une structure nationale.

    De son côté, Olsen Jean Julien a parlé des grands projets et des commémorations sur le plan de la gouvernance. Un grand projet urbain, ajoute-t-il, est une chose complexe qui implique la mobilisation des capitaux, l’implication du pouvoir local ou national et de tous les acteurs. Il exige du temps et doit avoir un impact social, économique, politique et environnement.

    Gerard Jeanty Junior source Le Nouvelliste

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  • « Pourquoi Haïti Peut Réussir » … « Pourquoi Haïti Peut Réussir » ...

    Une analyse  du livre de l’économiste Enomy Germain « Pourquoi Haïti Peut Réussir » par le Dr. Claude Joseph.

    « Pourquoi Haïti Peut Réussir » est un acte audacieux. C’est l’œuvre d’un économiste entêté refusant de prendre des raccourcis et de s’adonner aux clichés qui ont longtemps caractérisé pas mal de réflexions à prétention scientifique sur Haïti. Ici, Haïti n’est présentée ni comme une énigme, ni comme une équation destinée à rester sans solution. Sans être complaisant envers les hommes et les femmes qui ont dirigé le pays depuis plus de deux siècles, l’auteur se démarque expressément de la version historique sensationnaliste, à couleur ethnocentrique, faisant croire qu’Haïti a choisi la voie de la misère et de la pauvreté. Loin s’en faut. Enomy Germain reconnait, à juste titre, qu’en tant que formation sociale dépendante, la nation haïtienne ne saurait être responsable de tous ses malheurs. Les racines du sous-développement d’Haïti sont plus profondes. Le spectre affreux et sanglant du colonialisme hante encore tout effort de développement. Ainsi, en esquivant certains chantiers battus et d’autres explications faciles souvent utilisées pour appréhender un phénomène social non moins complexe, l’auteur nous offre une œuvre d’économie politique de profondeur. Et pour avoir pris son temps à aiguiser des outils méthodologiques pour étudier le « défi haïtien », Enomy Germain a produit un travail qui n’aura pas démérité la postérité.

    « Peuple », pour utiliser les mots d’Edmond Paul, « ce livre en appelle à votre cœur – comme au dernier refuge du patriotisme [1]  ». À un moment où l’idée d’« une autre Haïti est possible » ne résonne que comme un vœu pieux, même pour la majorité de nos biens pensants ne cessant d’ailleurs d’inviter la jeunesse Haïtienne à laisser le pays en masse pour des cieux plus cléments, le livre que vous aurez en main porte un message rassurant : « Haïti peut emprunter la voie vertueuse du progrès et de la réussite socioéconomique ». Mais plus qu’un message d’espoir et une œuvre citoyenne responsable invitant nos jeunes à résister au défaitisme, c’est d’abord et avant tout un pari sur la science. C’est le résultat d’un « ensemble d’examens se portant sur les obstacles au progrès en Haïti, et sur les moyens humains et potentialités économiques dont dispose ce pays, sous une forme ou une autre, qui peuvent bien l’aider à enclencher sa marche vers la réussite socioéconomique ».

    Quoi qu’il en soit, c’est un pari osé. Ceux qui éprouvent de l’aversion au risque n’accepteraient jamais de miser leurs argents sur une pièce de monnaie qui tombe pile neuf fois sur dix. Haïti illustre le cas d’un jeu truqué. On dirait, de préférence, qu’une cruelle fatalité s’acharne contre la république et qu’il n’y a rien à tenter contre. En 1884, Spencer St-John, dans son livre « Haïti : Or, the Black Republic », a fait un lugubre constat qui semble corroborer cette conjecture. « Je connais Haïti depuis plus de vingt ans, et je dois avouer que l’une après l’autre, j’ai perdu toutes mes illusions », écrivait-il…  « Je connaissais alors nombre de jeunes légistes, députés et employés du gouvernement, pleins d’enthousiasme, qui parlaient merveilleusement de projets de réforme et du désir de voir leur pays progresser dans la civilisation. Ils m’inspiraient confiance et j’avais hâte de les voir arriver au pouvoir ». Cependant, ajoute-t-il, « quand ils y furent parvenus et qu’ils eurent la possibilité de mettre le gouvernement d’accord avec la législation, pour édicter des reformes judicieuses, ils eurent une lamentable défaillance[2] ».

    Plus d’un siècle après, au lieu de s’améliorer, les choses s’empirent. L’espoir d’une Haïti meilleure se fane. À preuve, plus de 85% des haïtiens ayant un diplôme universitaire (licence, maitrise et doctorat) vivent en dehors du pays, particulièrement aux Etats-Unis et au Canada. Et comme si cette fuite de cerveaux n’est pas assez dommageable, Fritz Dorvilier conseille aux dirigeants Haïtiens de « favoriser le départ vers des pays étrangers développés d’une importante quantité de la population haïtienne », une politique publique qui, dit-il, « permettra de désamorcer la bombe démographique qui menace les montagnes déboisées et les petites plaines arables en voie d’urbanisation accélérée[3] ». Cette solution malthusienne inappropriée, peu réfléchie, est une carte blanche à l’irresponsabilité. Elle fait partie de ces réflexions qui renforcent la perception qu’Haïti restera toujours pauvre si l’occident ne la tend pas sa main bienveillante. Enomy Germain n’y croit pas et s’est, par conséquent, donné la noble, mais non moins difficile, mission de montrer pourquoi Haïti peut réussir sans pour autant obéir aveuglément aux principes du capitalisme de l’économie monde.

    En effet, ce que cette œuvre comporte de plus fascinant c’est sa rigueur méthodologique. L’auteur a su bien jouer sur les cordes épistémologiques pour ne pas interpréter les effets pour des causes. Erreur grossière, mais commune dans les sciences sociales. Nos « chercheurs » haïtiens n’ont-ils pas beau confondu les comportements dérivés du sous-développement pour les causes du sous-développement ? Sachant pour qu’il y ait relation causale, il faut, entre autres, que la cause précède l’effet, l’auteur croit qu’il est important de remonter dans l’histoire, étudier le schéma institutionnel colonial pour une meilleure compréhension de l’échec de la nation haïtienne ainsi que sa possibilité de réussir. En ce sens, la synthèse historique que nous présente Enomy Germain à travers son ouvrage est importante à plus d’un titre. L’histoire est devenue un outil indispensable dans les travaux d’économie politique traitant les origines de la puissance, de la prospérité et de la pauvreté des nations.  Et dans notre cas, comme nous dit Benoît Joachim, « pour comprendre le présent et construire un avenir meilleur, il importe de connaitre et d’expliquer les structures mises en place au cours de l’histoire haïtienne[4] ».

    On ne comprendra pas ce que Joachim appelle le retournement haïtien, « ce passage d’une révolution sans précédent ayant débouché sur une indépendance radicale, à la dépendance », ou ce que Enomy Germain appelle « la marche vers l’échec », sans étudier les institutions formelles et informelles mises en place au cours de l’histoire haïtienne.  On ne comprendra jamais pourquoi les haïtiens sont si méfiants les uns envers les autres et pourquoi leurs relations sont teintées d’autant d’incivilités et caractérisées par la « passion excessive égalitaire[5] » sans remonter aux pratiques coloniales perverties qui prévalaient à Saint-Domingue. L’inclinaison de nos dirigeants à la corruption et la cupidité de la bourgeoisie haïtienne ne peuvent pas être expliquées sans comprendre la mise en place de ce que Daron Acemoglu et James A. Robinson appellent des institutions économiques et politiques extractives. Comme tant d’autres sociétés, écrit Edmond Paul, « la société haïtienne, et plus particulièrement elle, à cause de ses origines exceptionnelles, comporta à sa fondation bien des vices, bien de semences qui devaient dans le cours de son existence l’ébranler profondément[6] ». Ainsi, « quel que soit le découpage historique fait ou la cause identifiée pour expliquer l’échec, nous dit Enomy Germain, « il reste immuable que l’héritage est lourd ».  

    Et c’est exactement de cela que nous parle David Placide dans son « L’Héritage Colonial en Haïti » dont la première édition remonte à plus d’un demi-siècle. D’après cet auteur, « plus on étudie la Nation Haïtienne dans ses lointaines origines, plus on demeure convaincu que, soumise, durant près de trois siècles, au dégradant régime colonial, elle ne pouvait être dans les premiers temps de sa vie indépendante que ce qu’elle a été : désorientée et trébuchante dans la recherche de son équilibre social et politique ». «Et, conséquemment », ajoute Placide, « mieux on comprend certaines singularités de son état présent[7] ».

     Haïti, ancienne colonie d’exploitation, a hérité d’un système d’institutions permettant à une toute petite minorité de s’enrichir au dépens de la grande majorité. Ce sont des institutions de types mitaencomienda et repartimientos dont toute la gamme est conçue pour réduire le niveau de vie des populations indigènes à un degré de subsistance minimum, afin que le moindre excédent profite aux Espagnols. Acemoglu et Robinson notent que si ces institutions ont rapporté des richesses incommensurables à la couronne d’Espagne et fait la fortune des conquistadors et de leurs descendants, « elles ont également fait de l’Amérique latine le continent le plus égalitaire du monde et sapé une bonne part de son potentiel économique[8] ».

    En Haïti, cette politique des institutions se manifeste par la concentration des richesses et centralisation des fenêtres d’opportunités autour des « réseaux de familles ou d’autres liens sociaux, limitant de ce fait l’explosion des forces créatrices ainsi que l’exploitation des potentielles naturelles[9] ». Ces réseaux sociaux d’accumulation (RSA), nous dit Fritz Jean, ont à leur service un État leur permettant de maitriser les différents circuits de la chaine de production allant des circuits de financement aux circuits de commercialisation. C’est pourquoi Michel Soukar ne cesse de dénoncer le mensonge de la bourgeoisie haïtienne qui se plaint de l’absence de financement public de leurs divers projets. Du gouvernement de Paul Magloire à celui de Jean-Claude Duvalier, selon Soukar, « l’État haïtien a financé, souvent à des fonds perdus, les hôtels luxueux de Pétion-Ville, les industries de formation du sisal, de fabrication des carreaux de céramiques, de pâte de tomate, de bonneterie, d’extraction du marbre, de protection du rhum, d’ustensiles de cuisine, d’imprimerie, sans oublier de nombreuses industries d’assemblage travaillant pour le marché américain ». Pendant plus de quarante ans, renchérit Soukar, « l’État haïtien a financé la bourgeoisie à travers la Banque Nationale de la République d’Haïti, qui travaillait surtout avec les exportateurs de café et les importateurs, et par une financière spécialisée qui prit les appellations successives d’Institut Haïtien de Crédit Agricole et Industriel (BNDAI)[10]».

    Haïti, dis-je, est un cas non moins complexe. Donc, conclure à partir d’une lecture historique post-Duvalier qu’elle a choisi la voie de la pauvreté et de la misère n’est pas seulement réductionniste, mais cela également participe du projet visant à faire taire le passé – « Silencing the past », pour répéter Michel Rolph Trouillot dans son livre “Silencing the past : Power and the production of history”. Si Enomy Germain, de son coté, a choisi d’étudier Haïti à la lumière des théories institutionnelles, c’est surtout pour pouvoir appréhender la dimension de cette complexité. Haïti n’est pas une composition physique qui peut être analysée à partir de ses particules prises isolément. Haïti est une totalité qui est plus que la somme de ses parties.

    Pour Robert Fatton, Haïti, comme la Sierra Leone, la Somalie et la République Démocratique du Congo, est un pays situé à l’extrême périphérique. Cette zone, produite du néolibéralisme dans un système-monde, caractérisée, entre autres, par l’extrême pauvreté, désastres naturels, occupation étrangère et une dynamique politique à somme nulle, est privée de toute sa souveraineté[11]. La gestion de l’aide post-seime montre qu’Haïti n’est qu’un espace géographique désormais occupé et gouverné par des organisations internationales, d’où le terme à la mode : la république des ONG.  Ces dernières ont un impact majeur sur la politique intérieure haïtienne dans la mesure où elles supplantent l’Etat dans la plupart de ses missions traditionnelles, telles santé, emploi, et sécurité. Par exemple, sur les 2,4 milliards de dollars récoltés pour la reconstruction du pays après le séisme de 2010, moins de 10 pourcent ont été directement gérés par l’Etat. Donc, Haïti n’a pas choisi la voie de la pauvreté et de la misère parce qu’elle a cautionné « l’ONG-isation comme modèle de développement[12] ». L’ONG-isation d’Haïti résulte, de préférence, de ce que Alasdair Robert appelle la « logique de discipline[13] », une philosophie selon laquelle l’État doit être restructuré, ses principales fonctions déléguées aux acteurs non-étatiques, pour pouvoir répondre aux exigences de l’économie-monde. 

    Enomy Germain a bien compris cette problématique, c’est pourquoi les institutions, définies comme les règles du jeu dans une société, constituent le point d’attaque de son livre.   Les institutions extractives héritées de la colonisation, alimentées par le néo-colonialisme, ont la vie dure, mais elles ne sont pas immuables. Enomy Germain croit qu’elles peuvent être transformées en des institutions inclusives, capables d’encourager l’activité économique, la prospérité et une productivité accrue.

    Haïti est pauvre, mais elle n’est pas condamnée à le rester. Le pays a tout ce qu’il faut pour réussir. C’est le message du livre qui certainement, comme toute œuvre humaine, comporte des limites. Ce qui est sûr, c’est que l’ouvrage d’Enomy Germain ne vous laissera pas indifférent.   

    Claude Joseph, Ph.D.

    [1] Edmond Paul, Les Causes de Nos Malheurs, Éditions Fardin, 2015, p. 11.

    [2] Cette traduction française est de David Placide, in l’Héritage Colonial en Haïti, Éditions Fardin, 2014, p. 10.

    [3] Fritz Dorvilier, Vámonos : Pour une émigration choisie. https://lenouvelliste.com/article/173939/vamonos-pour-une-emigration-choisie

    [4] Benoît Joachim, Les Racines du Sous-Développement en Haïti, Éditions de l’Université d’État d’Haïti, 2014, p. 27.

    [5] Fritz Dorvilier, La Crise haïtienne du développement :Essai d’anthropologie dynamique, Presse de l’Université Laval, 2012. 

    [6] Edmond Paul, op. cit., p. 19.

    [7] David Placide, l’Héritage Colonial en Haïti, Éditions Fardin, 2014, p. 7.

    [8]Acemoglu et Robinson, La Faillite des Nations, Nouveaux Horizons, 2015, p. 37.

    [9] Fritz Jean, Haïti, la fin d’une histoire économique, p. 28.

    [10] Michel Soukar, Radiographie de la « bourgeoisie haïtienne » suivie de : un nouveau rôle pour les élites haïtiennes au 21e siècle, C3 Éditions, pp. 32-34.

    [11] Robert Fatton Jr., Haiti: Trapped in the outer periphery, Lyne Rienner Publisher, 2014.

    [12] Etzer Emile, Haiti a choisi de devenir un pays pauvre: les vingt raisons qui le prouvent, Les Presses de l’Université Quisqueya, 2017.

    [13] Alasdair Robert, The logic of discipline : Gloabal capitalism and the architecture of government, Oxford University Press, 2011.

    Continue reading → Une analyse  du livre de l’économiste Enomy Germain « Pourquoi Haïti Peut Réussir » par le Dr. Claude Joseph. « Pourquoi Haïti Peut Réussir » est un acte audacieux. C’est l’œuvre d’un économiste entêté refusant de prendre des raccourcis et de s’adonner aux clichés qui ont longtemps caractérisé pas mal de réflexions à prétention scientifique sur Haïti. Ici, ...